Au commencement…

Une pensée écolo me traverse l’esprit, toujours sous un fond de soucis de mon poids. Il fait beau, j’habite à la cambrousse, entouré de champs, de chemins, et de paysages pas trop dégueulasses. Le printemps tarde à pointer le bout de son nez, mais finalement il arrive, c’est agréable d’être dehors. Je me dis qu’un joli vélo pour faire toutes mes sorties  et mes déplacements quotidiens, ça serait peut être pas mal. La salle de ping’ est à 11~12km de chez moi , une belle côte en prime, j’y vais deux à trois fois par semaine, je vais me faire plaisir, c’est bon pour mon cœur, et pour l’environnement. On ajoute à ça un blocus des raffineries, c’est décidé, je ferais, autant que faire se peut, mes déplacements quotidiens en vélo.

Beaucoup de recherches autour du fidèle destrier qui va  me suivre , je l’espère à ce moment là, de nombreux kilomètres. L’objectif, l’envie, déplacements quotidiens en campagne et pourquoi pas, un trip de plusieurs jours.

Je casse ma tirelire, un VSF T-100S arrive à la maison, je suis ravi.

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Très vite, les kilomètres s’enchainent et ne se ressemblent pas, par temps doux, par vent , et par monts, mais le plaisir y est. Au début, c’est pas simple, enchaîner l’entrainement après quelques kilomètres à vélo quand on est pas habitué forcément, ça tire dans les pattes. Puis le corps s’adapte. Oui, au début, c’est dur. Mais on s’y fait. Un osthéo m’a dit une fois une phrase assez sage : « Le corps, on peut tout lui demander, simplement il faut y aller doucement. ». Une belle phrase qui n’est que plagia du célèbre « Qui veut voyager loin, ménage sa monture. ».

Au bout de deux mois de vélo au quotidien, le compteur atteint très vite les 400 kilomètres, et je prend toujours autant de plaisir à être sur mon vélo. On décide de revoir le planning de nos vacances avec ma compagne, la Loire à vélo nous tends les bras \o/

 

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Au retour, le compteur affiche 1200+ kilomètres en quelques mois, je prend goût au vélo, peut-être même un peu trop.

A côté de tout ça, mon poids toujours mon poids me fait me lever presques tous les dimanche matins pour aller courir, un petit peu… Quelques 8 à 10 kilomètres par semaine histoire de pas trop culpabiliser de mon alimentation de la semaine. Mais au final, à cette époque de l’année, les séances de course à pied devenaient de plus en plus agréables.

Puis le coup de grâce est arrivé… Un collègue marathonien me propose, pour essayer, un triathlon format XS,  je suis très enthousiaste, les distances me correspondent et je pourrais découvrir et me prendre, un court instant, pour un triathlète ! Waaaahhh La classe, je vais me la raconter sur Facebook ! Bon, finalement la date proposée ne me convient pas, fichtre ! Heureusement, pas beaucoup plus longtemps après, il y a le tri-challange de Noblat où il reste encore de la place pour s’inscrire et s’essayer.

J’ai un mois pour me préparer, l’objectif, la découverte, pas faire de temps, de toute façon, je ne suis ni équipé, ni entrainer ni rien du tout. J’ai pas un corps de sportif, le point important, se faire plaisir. Et ça, c’est l’élément principal.

Je n’y connais rien de rien, mais sur ce genre de distance, pas de problème, j’apprehende l’entrainement à ma façon, on continue à faire tourner les jambes 60 et 80 bornes par semaine, et une sortie de course a pied, et une séance piscine.

Mon père, ancien marathonien, m’encourage dans ma démarche, me soutient du mieux qu’il le peut. Je le lis dans ces yeux quand je lui annonce que je me lance dans le triathlon. Cela se traduit par une aide financière (merci Papa et Maman <3) , et aussi parce que c’est mon anniversaire dans cette même période, mon premier vélo de route pointe le bout de son nez dans mon garage, un jour presque comme les autres mais qui va tout changer dans mon investissement.

 

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Le vélo est magnifique , il est même bien trop beau pour moi. Quelque part, j’ai un peu honte. J’ai de l’excellent matériel pour une pratique de débutant… Mince, est-ce que ce n’est pas une connerie que je viens de faire là ? N’est-ce pas trop pour un début ? Et si mon premier triathlon ne me plaît pas ? Tirailler entre le remords et l’excitation je ne sais pas trop comment gérer ça… Un premier triathlon XS avec un aussi beau vélo et des résultats de chiottes, c’est sûr, je vais me ridiculiser. Mince, tout le monde n’a pas cette chance. Je décide de considérer ça comme une preuve un peu plus soutenu de mon engagement vis à vis du triathlon. Je vais augmenter mes distances hebdomadaires de vélo. Le VSF continuera de faire mes trajets quotidiens, le samedi je ferai de plus longues sorties avec le vélo de route. Un vélo de route, ça change tout. C’est plus rigide, ça transmets des watts et c’est aussi plus léger. A ce moment là, je passe presque de 22~23km/h de moyenne à 26~27 sur des sorties de 40kms. C’est impressionnant. C’est beaucoup de plaisir aussi.

Le jour de la compèt arrive, aucune pression jusqu’au retrait des dossards. Je vois toutes ces personnes en combi, surentrainées, du matériel de pro, et des muscles de triathlète, des vrais eux pour le coup.  La pression monte malgré tout, j’essaye de rester concentrer et de faire le points.  Premier kwak, les épingles pour tenir les dossards ne sont pas fournies ! Qu’est-ce que j’en savais moi ?? Heureusement le triathlète est une personne prévoyante et sympathique, il est facile de trouver des épingles en rab chez les autres participants (les épingles s’appellent « revient », ne pas l’oublier pour continuer à garder cet esprit d’entraide :).

Les distances de Noblat : 2x (200m de natation + 8 km de vélo + 1,5km de course à pied.). Le parc à vélo ouvre, on pose le vélo, on installe ses petites affaires, quelques longueurs à la piscine pour s’echauffer, et d’un coup le départ est donné ! Le manque de technique se fait sentir en natation, l’impression d’être tout le temps dans la force, je ressors presque déjà fatigué, parti trop vite, essayer de suivre le groupe, mais mauvaise idée pour un débutant sans technique. La première transition, toujours l’effet de speed, important, le casque en premier, je prend le temps d’essuyer mes pieds pour y mettres des chaussettes, j’enfile mes chaussures, récupère le vélo, et c’est parti. Evidemment, un circuit qui ne me convient pas du tout, une bosse , une descente, pas de plat, en boucle, 4x d’affilé. Je galère, c’est dur, mon poids ne me permet pas de voler dans les bosses. Deuxième transition, je pose le vélo, je change de chaussures et c’est parti. Le soleil est présent, je sens que les transitions sont difficiles entre les disciplines, mais malgré tout, j’ai du plaisir à être ici, j’ai le sourir tout au long de la course. Je sens le vélo dans mes jambes même si la distance est courte, le temps de trouver mon rythme, la course à pied est déjà finie. Pause de 30minutes, et on est reparti pour un tour.

Le tri-challange de Noblat n’est peut-être pas le meilleur XS pour découvrir la discipline, les distances sont trop courtes pour avoir de très bonnes sensations (en tout cas, pour les diesels comme moi), mais au moins, j’ai pu y découvrir la bonne ambiance des courses, le plaisir des transitions et la joie de l’effort avec d’autres athlètes. Depuis, j’ai été piqué, la première dose n’étant même pas gratuite, mais de retour à la maison, je m’empresse de contacter le club à côté de chez moi , le bien nommé TCC (Triathlon Châtellerault Club), je fais un chèque (encore), un certificat médical, et hop, c’est parti pour une saison !