L’Ironman 70.3 Luxembourg !

Après plusieurs semaines sans vous avoir gâté d’un bel article indigeste, je reviens aujourd’hui avec le compte rendu de mon objectif principal de cette saison 2018, mon premier triathlon format longue distance!

Depuis mon dernier article, j’ai pu faire refaire deux M avant d’aller me confronter à mon premier 70.3, mais je n’ai pas pris le temps de détailler mes impressions et surtout, les progrès et les choses que j’ai encore appris sur le triathlon et forcément moi-même depuis. Je ne vais pas vous bassiner avec ça, et je vais passer directement au vif du sujet! Retour donc sur le ce week-end du 17 Juin 2018, où je valide une marche supplémentaire vers mon objectif final.

Vendredi 15 Juin : Arrivée sur Place

Départ vendredi matin pour le Luxembourg, l’excitation est présente mais la route est longue, environ 7h. Donc pas d’affolements, je pars tranquille en direction d’Orléans où je vais rejoindre mes parents pour récupérer mon père au passage! Il a décidé de venir m’accompagner pour mon premier et me filer un coup de main pour la logistique! Et franchement, vue l’organisation d’un tel êvenement, ce n’est vraiment pas de trop…

On arrive enfin sur les coups de 18h à Sierck-les-bains, petite commune à 10min de Remich, j’y avais loué un petit gîte atypique, un ancien bar transformé en logement, très grand, spacieux et surtout hôte hyper accueillant. Ils ont en fait laissé le comptoir du bar pour le transformer en coin cuisine, il y a bien sur les tireuses qui ont été laissées mais malheureusement, elles n’étaient pas raccordées 🙂

 

Bon là, c’était légerement le bordel avec nos affaires, mais croyez moi, c’était la classe ce gîte !

On prend donc nos marques en installant nos affaires, une fois ravitaillé en glucide, on profite du beau match Portugal-Espagne avant d’aller se coucher, pour une journée pleine le lendemain.

Samedi 16 Juin: Reconnaissances

Levés avec le soleil, nous partons samedi matin pour Remich, le lieu de la course. L’objectif est double, récupérer le dossards et pouvoir préparer les affaires pour le lendemain: dépôts de sacs et dépôts du vélo. Mais aussi, l’occasion de réaliser un déblocage à vélo et d’aller reconnaitre les difficultés du parcours. Et en effet, ce parcours a une saveur qui lui est propre, puisque sur 90km, on a 55 km de plats et sur les 35 autres kms, il y a près de 500m de denivelé positif, de quoi y laisser quelques plumes si comme moi, on a pas le profil du grimpeur.

Une fois les affaires préparées, j’enfile donc ma tenue de vélo et hop directiont Remich!

Entre Sierck-les-bains et Remich, on voit déjà des panneaux sur les routes qui seront positionnés le lendemain, cela veut donc dire, que la route sera fermée (ou presque) à la circulation, et ça, ça sera une première pour moi, et surtout très important à savoir.

On arrive près du village de l’êvenements, et on voit déjà pas mal de voiture garées. Dès qu’on trouve une place on s’arrête et on prends nos marques. Mon père va donc faire un repérage village IM, de mon côté, je prends mon vélo et fait le réperage du parcours, on se donne rendez-vous une heure et demi plus tard.

Pas question de faire l’intégralité du parcours, simplement la portion vallonée qui ne fait moins de 40km. Je pars donc en longeant la Moselle, c’est plat ça roule, il fait beau, jusque là, tout va bien. Je prend un virage à droite, et l’ascension commence au milieu des vignes, j’aime pas la grimpette, mais franchement c’est super beau, les paysages sont très joli et la vue sur la vallée m’en bouche un coin, j’adore!

Pas de suprise, ça monte et ça descend avec quelques virages à 90 (des fois plus) , donc quelques relances inattendues. Cette reconnaissance me rassure, il y a des pentes certes, mais pas de raidars insurmontables, puisque je ne mettrais jamais tout à gauche, et tout ce fait bien.

La fin du parcours confirme ma première impression, c’est vraiment joli.

 

 

Je coupe encore un peu pour ne pas perdre trop de temps et fera 40km tout pile. Je pense à ce moment avoir reconnu les difficultés principales du parcours, cela me rassure pas mal, mais assoie également que ce parcours n’est pas si facile. Le vélo semble correctement monté, pas de bruit parasite, pas mauvais réglagle apparement, tous les voyants sont verts.

Après cette reconnaissance, je reviens vers la voiture retrouver mon père, je me change , et nous partons récupérer le dossard, grand moment!

Le dossard se récupère donc en plusieurs étape, d’abord le dossard lui-même avec autocollant (vélo/casque/sacs) et bonnets de bain, puis dans un second temps, les sacs de transitions à retirer sur l’IronMan Store. Hum, posons nous la question deux minutes… Pourquoi faire retirer ces affaires à deux endroits différents?? Mais surtout, pourquoi retirer ses sacs de transitions à la boutique officielle ? Bon tout le monde le savait, mais là, ça m’est quand même apparût clairement, c’est simplement pour forcer les gens à passer par la boutique. D’autant plus que le stand de retrait est bien au fond du magasin, il faut donc passer devant beaucoup de rayons avant de pouvoir récupérer l’intégralité de son pactage… Malin les marketeux!

Bref! Une fois le barda récupéré, retour à la voiture pour remplir les sacs de transitions et préparer le vélo. Il est un peu plus de midi, et le parc à vélo n’ouvre pas avant 14h, l’occasion de se restaurer (toujours avec des glucides) et de profiter un peu du lieu 🙂

 

Donc là, oui c’est mon père, juste après s’etre posé pour déjeuner ! Il sourit un peu, il fait un bel effort 🙂 Parce qu’au fond il en a un peu marre de patienter , de marcher à droite à gauche, avec les affaires, le vélo, porter ceci, faire gaffe à cela, et il manque ça, il faut retourner à la voiture et nanani et nanana…. BREF! Si Cette journée , que dis-je, ce week-end, c’est aussi bien passé, c’est en grande partie grâce à lui. Derrière chaque exploit sportif, il y a bien évidement la course le jour J, et la préparation physique, mais ce n’est pas que ça. Il y a toute l’implication des proches, de la famille et des amis. Donc je profite (et je le referai) pour remercier mes proches qui m’ont énormément aidé pendant cette préparation. Il y a bien évidement ma chérie qui a dû supporter mes longues sorties vélos/enchaînements, mais il y a bien entendu mon père qui m’a filé un coup de main énorme, et qui s’est montré d’une patiente à toute épreuve. Du fond du cœur, merci, sans vous, ce week-end n’aurait pas été le même et loin de là.

Il est maintenant pas loin de 14h, le parc va ouvrir, les affaires sont prêtes, les sacs sont fait et le vélo semble niquel et les autocollants posés, alors direction l’air de transition!

Je rentre dans le Parc est prend conscience de l’ampleur de l’êvenements. Les allées sont très longues et moi qui ne suit pas un As de la transition, je sens déjà que je vais y passer du temps 😀 Mais ce moment est très sympa, l’ambiance semble détendu, alors il faut profiter de ce moment, de cette saveur particulière où l’on pose ses affaires pour le jour J! Je vois qu’il fait chaud, alors j’en profite pour dégonfler mes boyaux, je reviendrai le lendemain pour refaire la pression et redéposer mes consommables (revito, cartouche de Co2, bidons …).

Voilà, il est bientôt 15h, direction la tente général pour le Brief de la course de demain. Je n’y apprendrais pas grand chose, c’était plus histoire de me rassurer qu’autre chose. Nous quittons les lieux vers 16h pour un retour au calme avant le jour J.

Dimanche 17 Juin:  La course!!!

Je m’attendais, comme chaque nuit avant course, à ne dormir que 3 ou 4h et me reveiller avec des poches sous les yeux. Je ne sais pas trop par quel miracle, mais j’ai l’impression (dans les faits je ne sais pas) d’avoir mieux dormi que d’habitude. Je me suis reveillé deux/trois fois dans la nuit, mais pas difficulté à me ré-endormir, c’est donc presque frais, à 5h45 du mat, que je me lève le dimanche matin, pas encore trop marqué par la fatigue.

Comme chaque petit dej’ avant course, ça sera gatosport et café, truc de champion!

Les routes étant barrées près du lieu de la course, on part un peu plus tôt pour trouver une place pas trop loin. On trouvera un parking à pres d’un kilomètre du lieu du départ, c’est pas génial, mais c’est presque le mieux qu’on puisse faire.

Arrivé sur place, je m’en vais dans l’air de transition pour mettre mon ravito et mes consommables en place. Je refais la pression des pneus, je règle mes vitesses pour pouvoir partir, je fais un dernier check pour constater que tout va……. MAL ABSOLUMENT MAL! En tournant la roue arrière je m’aperçois que mon boyau est fendu (photo prise post course). Je regonfle mon boyau à bloc, et je n’entend pas l’air passé. Okay, donc mon boyau est correct mais fragilisé, il est plus de 7h30, j’ai moins d’une heure devant moi, quelle décision prendre ?

1/ Changer le boyau maintenant, sachant que mon boyau de secours ne sera pas collé mais simplement maintenu par la pression, ce qui m’oblige à ralentir considérablement dans les virages pour ne pas déchausser et partir avec un vélo réparer au dernier moment

2/ Partir comme ça et prié pour que le boyau tienne.

Dans tous les cas il y a de l’indécision, une partie qu’on ne maitrise pas. J’ai un peu  de temps devant moi et malgré tout, je préfère partir avec un boyau qui n’est pas lasséré quitte à aller moins vite que de devoir changer mon boyau à l’arrache sur le circuit. La décision est difficile à prendre, mais je me lance dans le changement une heure avant le début de la course.

Heureusement pour moi, j’avais prévu le nécessaire à réparation, de plus, un ami du club m’a fait un cours spécial changement de boyau quelques jours avant. C’est non sans mal que j’ai réussi ce changement de dernière minute. Plusieurs personnes me mettent en garde sur un boyau non collé pendant les virages, ce qui pourrait provoqué un déchaussement éventuel, donc molo dans les relances et les virages.

 

Je viens de réaliser en live mon premier changement de boyau dans la vie réelle, je ne vous raconte pas la pression  que ça me mets, et toutes les questions qui défillent dans ma tête :  » Est-ce que ça va tenir ??? ». De plus, rien  que changer le boyau a été énergivor , je vous raconte pas l’influx nerveux également utilisé par le stress engendré….

Bon, le vélo a l’air okay, et même si je doute, il est l’heure d’aller se mettre en combart. Au vue de l’heure qui l’est après ce changement de boyau, je n’ai pas le temps d’aller m’échauffer dans l’eau. Tant pis, le rolling start me laissera largement le temps de m’échauffer à sec dans la fil d’attente.

 

L’heure avance et les fils d’attentes prennent vie. Je me mets dans le SAS -35′ sachant que pour moi c’est plutôt optimiste comme résultat. Mais en vue de mes performances passées en piraterie (Bien drafté comme un porc !), y’a moyen si je trouve un poisson pilote dont l’allure peut me correspondre.

J’enfile la combinaison complétement, le stress du matériel vélo est toujours présent , et on commence à avoir chaud en attendant dans la file complétement vétue. Heureuseusement, en attendant je tombe sur Jérôme , premier Half pour lui aussi, en papottant un peu, je m’aperçois que nous avons le même parcours, le triathlon comme objectif de remise en forme! Son optimisme me déstresse complétement, il me remets dans le moment présent et me redirige vers le moment présent, pour le vélo, on verra quand on y sera, avant faut nager !

 

Allez le chrono avance et c’est l’heure du départ! Rentrer dans l’eau me fait du bien, on a chaud dans la combi! Je m’attend à me faire passer devant -35, je n’y crois pas trop. Du coup, je me laisse deux trois minutes pour huiler la mécanique des bras (pas d’échauffement dans l’eau), que la respiration se stabilise, et j’enclenche mon allure half, je lève la tête et cherche des pieds. Là, étonnement complet, je remonte des gens. Je ne fais quasiment que ça. Je ne trouve pas de personnes dans mes allures, ou alors ils ont l’air trop loin de moi. Donc je pose ma nage , j’allonge les bras, je glisse, tout en technique.

Le permier demi tour arrive ! Là, comme le coach l’avait dit , ça brasse, ça ralenti, ça m’agace. Je fais le méchant et je castagne, je passe au dessus comme un bourrin, « Rien à fout' » comme dirait l’autre. Je me dégage de ce peloton, et cherche toujours des pieds. Ah ! Ca y’est je vois quelqu’un qui nage à la même vitesse! Chouette! Je ralenti, me mets derrières et….. il accèlere, fait des virages et bats des pieds… Zut ! Je le perds de vue rapidement et je ne le tiens pas, tant pis je continue tout seul!

Dernier demi tour à contre-courant, encore 150m et je fini par sortir de l’eau, je regarde ma montre, mais dans ma tête en ayant nagé seul, je m’attend pas à grand chose. Je vois le ponton pour remonter, je me fais aider par les volontaires et je check ma montre, 34’40 ! Youhouh !! Et tout seul comme un grand 🙂

La longue transition arrive, je choppe mon sac de transition et prend le temps de m’habiller correctement en mettant une paire de chaussette, mes chaussures, un arrêt au stand , je choppe mon vélo pour partir. Les allées de vélos sont looooooooongues….. courir avec les chaussures au pieds et le vélo dans les mains, franchement, c’était lourdingue. Je passe la ligne, tout sourir quand même, putain je suis bien!

 

Je prend quelques minutes sur le vélo pour ré-ajuster ma tri-fonction, boire un coup et entamer une barre énergétique. Après quelques coups de pédales, je me mets allure Half, 230 watts, et j’allume. La première partie du parcours est plate, très plate, en plus on a le vents dans le dos. 38-39-40km/h, purée, que c’est bon !

Très vite, je trouve des compagnons de roulages, notamment « Carmen » , l’allemande qui envoie des watts!  On se passe devant mutuellement mais en roulant propre, « No drafting hein! » . Arrive le premier demi tour, et la vent dans la tête, mais on reste aux alentours de 36/37 (Hein mon Franckyyy!) , j’achéte.

Au bout d’un moment, j’entend un « tic tic… tic tic ». Je fais le point sur le vélo, et j’essaye de voir d’où ça vient. Pas du pédalier, pas des dérailleurs, et en vue du rythme du « tic tic », c’est sur, ça vient des roues. MON BOYAU MERDE! . Je sers un peu les dents , et je prie (littérallement).  Au bout de 40km, le premier raidars arrive, je ne me fais pas de soucis, j’ai reconnu la veille je sais à quoi m’attendre. Je maintient mes watts et je monte, toujours avec ce « tic tic » en fond sonore et Carmen qui me suit. Au bout d’un moment, Carmen me sussura des mots d’amour en allemand dans l’oreille : « Il fait un sacré bordel ton vélo quand même ! » . Putain, même si Carmen commence me dire ça c’est que c’est la merde. La première bosse est suivi d’une plus grosse ascencion, alors je sers encore un peu plus les dents et j’attend d’arriver en haut.  Une fois la haut, je descend du vélo, je retourne le tout et je contrôle absolument tout. Le boyau est encore gonflé à bloc, les flancs ne se décollent pas et aucun pète à signaler. Je fais pareil pour la roue avant, je check tout le tour , les pignons du dérailleurs arrières et plateaux avec le dérailleur avant. A vide, rien à signaler aucun bruit, tout tourne niquel, je ne comprends pas.  J’ai déjà perdu au moins 3′, je remonte alors sur le  vélo et c’est repartie, le « tic tic » redémarre, et merde…. je fais avec, tant pis.

Evidement Carmen en a profité pour prendre la poudre d’escampette, la maline ! Zut, elle va me manquer 🙁

Les grosses descentes pleines de virages et de relance arrivent, alors je fais hyper gaffe pour pas que le boyau se déchausse en aggripant les freins très fort , là encore je perdrais pas mal de temps, mais il vaut mieux arriver entier. La partie valonnée me donne du fil à retordre, en plus, arrivé en haut des vallons , le vent est présent , et bien sur pleine face. Sur une partie délicat, on enchainera une descente, un virage à 90 , et une remontée un peu sèche succesifs, je déraillerai également.  La chaîne vient alors se mettre entre le petit plateau et le cadre, mais bien coincé comme il faut, alors que j’avais déjà entammé la côte. Là encore je mettrais bien 2′ à sortir la chaîne et à repartir.

Arrivé au 60ème kilomètre, je retrouve Carmen ! Peut-être a-t-elle envoyé trop de watts au début ?

La dernière bosse du parcours est usante, non pas qu’elle soit difficile en soit, mais l’enchaînement de toutes ces bosses , c’est vraiment difficile pour quelqu’un qui ne grimpe pas comme moi…. J’ai hâte d’en terminer de la partie vallonnée, mais je m’accroche en me disant que les 15 derniers kilomètres sont plats, et qu’en vue du vent au départ, on devrait l’avoir dans le dos!

Enfin je vois la fin, on arrive sur du plats et je m’apprête à envoyer! Et bien c’était sans compter sur notre ami le vent, qui avait décidé de tourner! C’est pas bien grave, je me mets en position aéro tout en respectant mes watts. La vitesse est quand même présente malgré tout, alors je m’accroche.

La ligne d’arrivée du vélo est en vue, je descend et c’est repartie pour aller reposer le vélo et courir avec les chaussures sur ces allées interminables. Je finirai cette partie en 2h48 avec les différents arrêts sur le parcours, un peu deçu mais ça ira, je prend.

 

(Non c’est pas moi là, mais c’était histoire de mettre une photo!)

Encore une transition où je bois une clope et fume un café (oui dans cet ordre), ces interminables allées remplies de vélo, ça fou le vertige! Je checks mes voyants et tout à l’air de tourner pas mal. Mes jambes ne sont pas attaquées et mes intestins vont bien, merci les pastilles de sels.

Après avoir rangé le vélo et mis mes baskets, c’est partie pour 21kms de course à pied! Yiiiii ahhh! Je sors de l’air de transition, je me laisse une ou deux minutes pour faire récupérer un peu, et paf je monte passe en allure Half. L’allure théorique visée était 4’50 /1000, mais je ne me faisais pas d’illusion et je veux finir cette course de manière linéaire, alors je fais à la sensation en accord avec mes puls. Je me lance donc, et la montre indique 5’05/5’10 au 1000, les puls varient entre 150 et 153, c’est parfait!

Okay, ça pourrait me faire un semi en moins d’1h50, ça serait incroyable!! Les premiers kilomètres se passent méga bien , je suis obligé de m’arrêter pour me ravitailler, j en’arraive pas à boire et/ou manger en courant. C’est plus dur qu’à l’entrainement. Mon allure moyenne entre les arrêts au stand et mon allure en déplacement est à 5’15, c’est juste parfait, pourvu que ça tienne.

Le premier 5000 arrive , et mon état est très satisfant, c’est l’heure de prendre le premier gels et là premier kwak, ça ne passe pas. Je n’en consomme alors que la moitié et prend un verre d’eau pleins pour faire passer le tout. Hum, c’est pas génial pour le ventre. Pour les ravitos intermédiaires, je prend un verre de coca et d’eau mélangé, mais toujours en marchant pour bien boire correctement.

J’arrive au 10000m , l’allure tient, c’est incroyable les puls sont parfaitement raccord , pas trop haut, pas trop bas, c’est impeccable. Je suis bien, je suis vraiment bien. C’est l’heure aussi de prendre le deuxième gel, et là je fais l’erreur de trop, je fais l’impasse, je n’arrive pas à le prendre. J’essaye de compenser avec des boissons iso, mais je sens bien que l’apport n’est pas le même.

Au 13ème, je sens mes intestins crier plus fort , l’alimentation devient de plus en difficile et je sens mes force s’amenuirent, l’allure baisse légérement, mais les puls descendent aussi avec l’allure, donc c’est n’est pas une fatigue cardio vasculaire ni musculaire. Au 15ème c’est l’hécatombe. Plus une goutte de jus. Encore une fois mes signes physios restent au vert, mais je n’ai plus le carburant pour tenir l’allure, j’ai fait l’impasse sur mon alimentation, et je le paye à ce moment là. J’alterne le trôt et la marche, mais c’est vraiment difficile, je vois s’éloigner mon chrono sur semi, zut. Au 17ème je retrouve un peu de force et je me fais violence pour repartir au moins allure IM, 5’35/1000, il reste 4kms. C’est le moment où les idées noires arrivent, on a envie d’arreter de tout lacher, et on se demande vraiment ce qu’on fou là. Puis je repense à tous les efforts , tous les sacrifices réalisés pour arriver là, mais surtout, mais surtout, je pense à mon père qui a fait tous ces kilomètres , qui patienter des heures, qui m’a supporté depuis le début de la course , et qui s’est mis en 4 pour pouvoir m’offrir ce week-end tant attendu. Et là , je vous jure, quelque soit le dégré d’inconfort, on plus rien envie de lâcher…. Alors je m’accroche et je compte les mètres qui sépare de la ligne d’arrivée… Et enfin, au bout d’un moment, la voie du speaker se fait entendre , le bruit du public est de plus en plus fort et on sait qu’on est bientôt au bout alors on tient! Finalement, la finish line pointe de le bout de son nez et à ce moment un doute s’installe: « Ai-je bien fait mes 4 tours ? » « C’est pas possible , j’ai pas déjà fini ?? ». Je check mes poignés, j’ai bien 4 chouchous, je regarde ma montre elle indique 20km800, bref, c’est sûr c’est la fin. Alors je profite, je cherche mon père dans le public, mais je sais qu’il m’attend derrière la ligne. D’un coup, tout se débloque, tout se libére, et on réalise qu’on vient d’accomplir quelque chose de plutôt cool! La ligne d’arrivée franchie, je me retourne et vois sur le chrono officiel « 5h31’24 » », je l’ai fait, putain, je l’ai fucking fait et la barre des 5h30 est quasi atteinte, wahou c’est incroyable!

 

La ligne d’arrivée franchi, j’ai froid. J’ai super froid. Je me précipe alors dans la zone d’après course pour récupérer t-shirt et ravito, j’ai en bien besoin!

Après être passé me ravitailler, je profite simplement d’être là, avec un t-shirt et un bout de métal autour du coup à 250 euros , et ce chrono a ajouté à mon palmarès qui ne cesse de s’agrandir !

Conclusion

Mais quelle expérience ! Tout au long de la course, je me suis senti vraiment bien. Excepté mon coup de moins bien au 15ème pour cause d’alimentation, la course semblait pleine du début à la fin, bref, j’étais prêts ! La préparation était vraiment bien calibrer pour m’emener aux portes de cette compétition et la vivre de la meilleure manière qui soit!  Je suis très fier de ce résultat malgré des kwak mécaniques en vélo qui aurait pu m’emener encore avec un meilleur chrono, mais peu importe, l’objectif principal est atteint, finir mon premier 70.3 avec un chrono honorable, et aujourd’hui c’est chose faite.

 

Le point a relevé et que j’ai encore plus compris aujourd’hui c’est l’importance de l’entourage. Encore une fois, ce week-end n’aurait pas pu me procurer autant satisfacation si je n’étais pas entouré comme je l’étais. Un grand merci à mon père qui s’est plié en 4 pour moi et évidement à mes proches qui ont subits mes abscences répétées et aussi ceux qui m’ont accompagné dans les moments de doute. Cette médaille avec laquelle je repars, c’est bien sûr la leur aussi, car sans eux, c’est sûr, je ne l’aurais pas eu autour du coup, et même si je l’avais eu, c’est certain elle n’aurait pas du tout la même saveur.